Cette exposition prend comme point de départ, l’ensemble des estampes réalisées en 5 ans à La fraternelle avec Michel Bastien. Toutes expriment la dualité entre individu et cohésion de la « cité ». (Ce que l’on peut voir en partie sur la page: l’autre salle)

 

Lexique de l’exposition:

 

       Les verbes (sur les t-shirts) : par une accumulation de points, ils apparaissent pour donner une impression d’effervescence ou de dissolution.  À quel moment sommes-nous ?

Les verbes choisis me semblent à la base de chacune de nos décisions. En les sérigraphiant, je souhaite induire une impression de formatage du sens du mot qui s’efface pour devenir simplement une forme. En répétant le verbe sur différents vêtements usagés, je pose la question :      nos choix sont-ils personnels ou induits par l’air du temps ? Qui fait l’air du temps ?

       Les vêtements : s’habiller pour s’abriter, s’affirmer dans l’espace public. L’habit, comme la maison, est un objet standardisé, encore plus tributaire de la tendance du moment. En plaquant sur des habits usagés un verbe, je sous-tends la question du libre arbitre. Je veux superposer l’histoire de celui qui a utilisé le vêtement et la standardisation du signe posé dessus.

       La maison : est généralement l’aboutissement d’une vie de travail. Elle est un objet de consommation souvent construit en série dans des cités formatées. C’est aussi l’image de ses occupants, un espace intime, un abri.

       Les maisons : en accumulant ce signe, je sature le paysage. Je considère l’espace entre les maisons comme le lieu possible de liaisons sociales, culturelles. Cet espace me paraît peu investi et trop souvent parasité interdisant l’occupation citoyenne à long terme.

       Les maisons dégoulinantes : en passant le contour de certaines maisons à la peinture brillante noire, je les fais passer au premier plan. L’image perd alors son statut de multiple. La dégoulinure vient donner du dynamisme aux formes. Elle souligne que l’acte est pictural. Cela vient brouiller le statut de l’image : est-ce un multiple, un dessin, une peinture ?

       Les billes : rappellent les motifs des mots sur les t-shirts. En les accumulant sur des tables, je fais apparaître des mots ou des phrases. C’est un jouet facilement en mouvement qui renforce la fragilité de ce qui est évoqué. J’utilise aussi dans mes dessins le cercle (la forme d’une bille), pour marquer des territoires, bloquer des signes, en faire apparaître d’autres.

       Le manifestant : est extrait d’une série de dessins. Des personnes tenant des pancartes vides de messages, regardent le spectateur. Dans cette exposition, les visiteurs peuvent prendre une photocopie et y inscrire un message ou bien dessiner, selon des règles que j’ai précisées. L’image seule donne à voir un individu, l’ensemble des photocopies le transforme en un clone envahissant le mur. Alors que la forme est toujours identique, les messages eux,  seront tous différents voire contradictoires.

       Les règles : sont faites pour questionner la liberté d’expression : peut-on parler de liberté si tout se passe dans le respect des espaces normés ? C’est aussi un moyen de garder une cohésion dans l’intervention des personnes et de rester maître de la mise en espace de mon installation.

      Le chantier : dans cette série, je joue sur la démesure entre les moyens (tractopelles, bulldozers…) et l’action en cours (déplacer de la couleur). La couleur ne sert pas à identifier des formes mais à investir l’espace.

      Un ensemble de tables disposées en archipel, où sont installées des aquarelles évoquant l’individualité.

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